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Bob Maloubier

 

 

BOB MALOUBIER (1923-2015)

 

Il avait servi CHURCHILL

 

Il était Chevalier de la Légion d’Honneur et titulaire de la Croix de Guerre 1939/1945 avec 3 citations. Il était
l’un des deux derniers Français survivants à avoir été décoré (1945) à titre militaire du prestigieux
« Distinguished Service Order » (DSO). Début juin 2014, à la veille des cérémonies du 70e anniversaire du
débarquement en Normandie, il avait été fait membre de l’empire britannique par la reine Elizabeth 2 lors
d’une cérémonie à Paris. Il venait de publier il y a 3 semaines, son 10e livre, consacré au colonel Sir Claude
Dansey N° 2 des services de renseignements britanniques.
Né le 2 février 1923 à Neuilly sur Seine, il s’était engagé à 19 ans au sein du SOE.
Décédé le lundi 21 avril 2015 à 92 ans.
BOB MALOUBIER
(1923-2015)
IL AVAIT SERVI CHURCHILL
Ancien agent secret, résistant, parachutiste, créateur des nageurs de combat… Robert Maloubier, dit « Bob », a
eu non pas une, mais plusieurs vies bien remplies. En hommage à cette figure exceptionnelle qui vient de nous
quitter, retrouvez le portrait qui lui avait été consacré dans Armées d’Aujourd’hui (n°392, septembre 2014).
Au service de la Couronne britannique pendant la Seconde Guerre mondiale, puis dans les services français,
Bob a mis son expérience à profit pour créer les nageurs de combat. À 91 ans, il continue de prendre la plume
pour raconter ses aventures.
Avec sa moustache de hussard, ses traits d’esprit so british et sa voix gutturale, il fait les questions et les
réponses. Rien d’étonnant pour cet ancien agent secret. Malgré sa démarche fatiguée et son souffle court, sa
mise est soignée. Bob a fait de sa vie un roman. Et bien avant de prendre lui-même la plume pour publier ses
mémoires de guerre, il est déjà le plus célèbre des espions français. Résistant, saboteur, parachutiste, nageur de
combat: «J’ai été un peu tout ça à la suite, en fonction des circonstances», confirme-t-il sobrement.
D’abord au service de la couronne britannique au sein du fameux «Special Operations Executive» créé par
Churchill pendant la Seconde Guerre mondiale, puis au Sdece, le Service de documentation extérieure et de
contre-espionnage (devenu DGSE en 1982), ce « tonton flingueur » a bâti sa réputation d’intrépide : tantôt
touché par une balle allemande en plein poumon, tantôt sautant en parachute vêtu d’un complet. «Un trompela-
mort», «un gentleman», évoquent ses proches. On oscille entre légende assumée et réalité sublime. Cultivant
les paradoxes et une certaine irrévérence, il se flatte d’avoir connu la reine d’Angleterre, mais ne cache pas non
plus ses amitiés avec un certain Bob Denard. À 91 ans, il collectionne autant les fausses identités que les
décorations. Il est détenteur de la prestigieuse «Distinguished Service Order» qu’une poignée de Français
seulement se sont vus remettre. Mais de toutes ses distinctions, c’est celle du brevet des nageurs de combat,
qu'il a contribué à créer, dont Bob est particulièrement fier. «L’idée m’est venue en 1949. J’écrivais des
comptes rendus pour les services secrets sur des opérations de débarquement. À l’époque, nous n’avions pas
de nageurs de combat, or l’expérience de la guerre a largement prouvé leur efficacité, notamment pour
dégager les obstacles avant les manoeuvres. J’ai donc écrit une lettre au président du Conseil, dont mon service
dépendait, sans trop me faire d’illusion.» Et pourtant, il est entendu. C’est ainsi que le capitaine Maloubier est
envoyé s’instruire l’année suivante à Portsmouth, au Special Boat Service. Il fera deux séjours chez les Royal
Marines.
Puis la nouvelle école de formation française s’installe dans une commune algérienne proche d’Oran en 1952.
Pour cette mission, Bob Maloubier est secondé par un jeune enseigne de vaisseau, Claude Riffaud. Bâtiment
précaire, équipement sommaire, les débuts sont chaotiques : «Nous n’avions ni combinaisons, ni palmes. Nous
nagions en survêtements, se souvient-il. La première promotion était composée de quatre commandos marine et
de quatre sous-officiers du 11e Choc [bras armé du SDECE, NDLR]. Très vite, la source s’est tarie. Et l’armée
française nous a envoyé tout ce qu’elle comptait de bancales, d’aveugles et de paralytiques. Pour les premières
sélections, nous n’avons pas retenu une seule personne.» Dans L’Espion aux pieds palmés, publié en 2013, le
premier des nageurs raconte: «Tout ce qu’il nous passe par la tête, nous le mettons à l’épreuve. Nous
n’observons qu’une seule règle, mais inconditionnelle celle-là : nous n’exigeons de nos hommes rien que nous
n’ayons expérimenté les premiers.»