Expression
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Quelle est l'origine de l'expression ? |
Rire comme un bossu
Cette expression, apparue au XVIII e siècle, signifie
rire à gorge déployée. Un adjectif qui ne semble pas tout à fait approprié pour parler de la poitrine d'un bossu. Le dictionnaire Littré estime que c'est une allusion «à la voix stridente et chevrotante des bossus »
liée à leur conformation physique. Cette explication douteuse ne repose sur aucune observation scientifique.
D'autres estiment qu'en butte aux sarcasmes provoqués par leur infirmité, les bossus seraient prompts à la réplique et manieraient volontiers une ironie joyeuse. La littérature et la légende appuient, en effet, cette interprétation : Les bossus y sont généreusement doués d'un esprit caustique.
Tenir la dragée haute
Ces dragées- là n'ont rien à voir avec les douceurs que l'on distribue lors des baptêmes. L'expression ne se comprend que si l'on connaît l'ancien sens du mot dragée. La « dragée » était une friandise destinée aux chevaux. Elle était faite de fourrage vert, « mélange de grains qu'on laisse croître en herbe pour les bestiaux ».
Pour que le cheval ne la dévore pas d'une traite, on la plaçait au plus haut de son râtelier. D'où « tenir la dragée haute » pour faire attendre longtemps quelqu'un et ne lui accorder que parcimonieusement ce qu'il désire.
Avoir un poil dans la main
Nous devons probablement ces termes à des artisans ou à des travailleurs manuels en tout cas. Ceux qui manient rabot, cognée, scie marteau ou fourche savent que l'usage continuel d'un outil est plus propice aux cals qu'à la pousse d'un quelconque poil.
Si d'aventure il en venait un, le frottement incessant du manche de l'outil l'aurait vite fait disparaître. Cette expression connue signifie être porté à la paresse.
Seuls ceux qui n'empoignent guère leurs outils peuvent avoir l'intérieur de la main ve
Payer rubis sur l'ongle
Le point d'honneur des buveurs est de finir leur verre jusqu'à la dernière goutte.
Faire rubis sur l'ongle, c'était vider si bien son verre qu'il n'y reste qu'une seule goutte de vin qui tiendrait sur l'ongle sans s'écouler. Cette goutte de vin, s'il était rouge, pouvait évoquer un rubis.
Cette expression s'est transmise des bons buveurs aux bons payeurs : payer rubis sur l'ongle, c'est régler sa dette séance tenante et jusqu'au dernier sou.
S'en mettre plein la lampe
Le sens populaire de lampe pour désigner le tube digestif est très ancien et vient du mot « lampas » la gorge. Il nous en reste le mot lamper et la lampée pour désigner une grosse gorgée.
Ce glissement vers la lampe est d'autant plus heureux que notre estomac, telle une lampe à huile, doit être alimenté régulièrement Au XVIII e siècle, « avoir la lanterne », c'était avoir faim. L'expression est devenue « s'en mettre plein la lampe » au XIX e siècle, pour exprimer que l'on mange et que l'on boit abondamment.
Une grippe carabinée
L'adjectif « carabiné » fait allusion aux carabins, soldat d'élite au XVI e siècle, qui un peu comme nos chasseurs bombardiers d'aujourd'hui, arrivaient en trombe sur l'armée adverse, déchargeaient leurs armes et repartaient sans attendre la riposte. Les marins, premiers, firent allusion à ces attaques aussi violentes que soudaines, en parlant de « vent carabiné » pour désigner des rafales de tempête.
L'adjectif passa ensuite très vite dans le langage courant puisqu'il fut admis à l'Académie en 1793.
Document envoyé par J -P Soury

